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Histoire d’être bien assis : interview d’Ugo Mola, entraîneur de rugby du stade toulousain

1 - Quel est votre métier ? Pouvez-vous nous le décrire ? Quelle est la part de créativité dans celui-ci ?

Mon métier est entraineur de rugby. En étant entraineur principal du Stade Toulousain, j’ai également une part de management. La part de créativité de mon métier est principalement sur la partie sportive, moins sur la partie management. Dans le sport professionnel, il faut sans cesse se renouveler pour ne pas tomber dans une certaine routine. Le plus dur dans la gestion d’une équipe c’est le quotidien, c’est répéter des efforts, des gestes, des entrainements, toujours les mêmes. Il faut sortir de cette routine en donnant de nouveaux objectifs aux hommes, en changeant d’environnement, en passant en permanence de l’individu au groupe, à l’équipe, au club, il faut changer sans cesse les centres d’intérêts. Et c’est là que j’essaie d’être créatif !

2 – Décrivez votre environnement professionnel.

J’alterne mon temps entre le bureau, à 2/3 de mon temps, et le terrain. J’arrive vers 6h/6h15 pour gérer la partie administrative et la partie vidéo qui est un gros pôle chez nous puisque nous filmons tous les entrainements, tous les matchs, et nous supervisons toutes les équipes. On regarde 20 à 25 heures de vidéo par semaine. Après, j’ai une partie terrain-entrainements, et une dernière partie gestion/management de l’équipe sportive mais aussi de l’équipe encadrante.

 

Quand je suis arrivé à ce poste, j’ai ouvert tous les bureaux, open space pour tout le monde ! Nous avons juste gardé un bureau un peu plus fermé pour le médecin et le manager. Aujourd’hui nous sommes 6 coachs dans un open space avec des outils communs, une table de réunion commune et chacun a aussi son espace personnel.

3 – Quel est votre emplacement de travail préféré à la maison. Pourquoi ? Changez-vous suivant les heures ? Préférez-vous travailler assis, debout ou allongé ?

À la maison, j’ai un emplacement bureau pour tout ce qui est hors rugby, mais comme je passe beaucoup de temps au Stade, j’essaie de ne pas amener l’ordinateur à la maison, hormis le week-end.

 

Nous avons un petit coin bureau, et un ou deux fauteuils bien confortables sur lesquels je peux aussi travailler.

4 – A quelle heure ou dans quelles circonstances vous sentez-vous le plus créatif ?

Les idées me viennent plutôt tôt le matin, car je suis seul et c’est le moment où je ne suis pas pollué par le quotidien, par les urgences, par les problématiques à gérer. Le club vit au rythme des échéances sportives, il y a des impératifs que nous sommes obligés de réaliser, comme des figures imposées, qui sont le nombre d’entrainements, le nombre de séquences, de répétitions de tel ou tel secteur, et donc cela demande d’être assez organisé, et cette organisation demande un gros travail en amont. La part de créativité se fait très tôt ou très tard, c’est-à-dire hors du rush de 9h-18h.

5 – Prêtez-vous attention à l’environnement de travail des personnes ou des entreprises que vous visitez ? Votre regard s’attarde sur quoi en particulier ?

J’ai évolué. Avant je n’étais pas très sensible à l’univers du bureau car je passais la plus grande partie de mon temps sur le terrain. Le bureau n’était qu’un petit sas. Par l’évolution de mon métier, j’ai été obligé de passer plus de temps au bureau, et donc de prendre en considération toute l’ergonomie lié à notre environnement, comme bien s’assoir, avoir une bonne table, être bien éclairé … Maintenant c’est devenu important pour moi et j’y suis très sensible.


Comme nous passons 20h par semaine devant les vidéos, si nous sommes mal assis, nous pouvons vite avoir des problèmes de dos, des douleurs, c’est pourquoi nous avons équipé cet espace de fauteuils très confortables.

Nous avons également accordé beaucoup d’importance aux lieux informels. Nous avons équipé l’espace de gros canapés dans lesquels les membres du staff comme les joueurs, peuvent passer un moment en fin de journée.


Même chose pour le point café : depuis toujours, les meilleures idées que j’ai entendues sont sorties au point café et j’y attache beaucoup d’importance. Nous y avons beaucoup de petits outils qui nous permettent d’aller plus vite, d’échanger nos idées, comme des tableaux pour écrire, c’est important, chacun peut y laisser une trace. Il y a également un énorme écran sur lequel chacun peut projeter ce qu’il veut partager depuis son téléphone ou son ordinateur.

6 - Pourriez-vous travailler dans un open space ?

Oui, c’est le cas aujourd’hui. Mais c’est pour moi essentiel de conserver des espaces d’intimité.

7 – Quelle est votre définition personnelle du mot « design » ? Est-ce seulement une décoration avec des objets contemporains ou une philosophie de l’utile ? Pensez-vous que le mot « design » est galvaudé ?

Le design, c’est le culte du beau lié à l’utile, et je ne trouve pas que le mot « design » soit galvaudé. Notre génération a été un peu éduquée au design. J’ai été entouré de gens qui avaient cette culture du design, je m’y suis intéressé très tôt, je regardais des magazines. Le design est pour moi aussi associé à une certaine qualité du produit.


Un produit design = un produit de qualité.


La notion de design existe dans beaucoup de domaines, pas seulement le mobilier : un maillot, un stade, l’espace urbain …

8 - Quel serait pour vous le bureau professionnel idéal ? Et le bureau personnel ? Comment l’imaginez-vous dans 20 ans ?

Dans 20 ans, j’espère que je ne serai pas dans un bureau !

Le bureau, on a du mal à l’imaginer sans tous les nouveaux outils qui permettent d’optimiser le temps. De mon côté, j’ai la culture du papier, j’ai du mal à m’imaginer sans bibliothèque, sans poids du livre. L’écrit, le papier, c’est important pour moi. J’ai du mal à penser à un bureau trop dématérialisé, trop aseptisé comme ce qu’on essaie de nous proposer. J’ai la faiblesse de penser qu’il va y avoir un retour aux traditions, un retour à quelque chose de plus matériel.

9 – Quelle importance donnez-vous à l’accueil ? Quand avez-vous le sentiment d’être bien accueilli ?

Je suis très sensible à la première impression. Pour moi cela doit être lié à l’inconscient culturel qu’a une entreprise. Par exemple, au Stade Toulousain, Didier Lacroix et son staff réfléchissent beaucoup à la première impression quand on entre dans le stade. Parce qu’aujourd’hui, le Stade Toulousain est le club le plus titré du rugby mondial et européen, mais au final, quand on passe devant le stade, ou quand on y entre, ça ne se voit pas.

L’humain est essentiel dans la première impression, mais je suis aussi sensible aux endroits propres et un peu lookés.

10 – Quelle est votre notion personnelle de confort pour un siège de bureau ? Qu’attendez-vous du siège de vos rêves ?

J’ai toujours été intéressé par les sièges. Avec mes premiers cachets de joueur professionnel, je m’achetais des chaises ! Je préférais m’acheter une seule jolie chaise que plusieurs moins belles. Résultat, j’ai toujours ces chaises, ce sont des biens que je peux transmettre à mes enfants.

Le confort d’un bon siège est essentiel, c’est tellement mieux pour bien travailler ! Malheureusement, on met souvent cela au second plan. Heureusement, avec les démarches de qualité et de bien-être au travail qui existent depuis quelques années, les entreprises ont tendance à se préoccuper un peu plus du confort de leurs salariés.

📌Retrouvez aussi, à travers le book Oddos Design, les interviews de huit personnalités Toulousaines qui, au travers des pages, vous livrent leurs points de vue sur le design au travail.
𝙏𝙚́𝙡𝙚́𝙘𝙝𝙖𝙧𝙜𝙚𝙧 𝙡𝙚 𝙗𝙤𝙤𝙠 𝙊𝙙𝙙𝙤𝙨 𝘿𝙚𝙨𝙞𝙜𝙣 : https://bit.ly/3uaEFWM
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